Jellyfish are not real micro-jeu (-15 min)

angela

Jellyfish are not real

Un jeu qui n'est pas un jeu ? Par Riverhouse Games

La fiction n'est pas limitée par les lois de la réalité, l'homme ne se noie pas parce qu'il n'existe pas.

Sous l'étiquette lyric game peuvent se cacher des textes qui ne sont ni vraiment jouables ni réellement destinés à être joués. D'après moi, Jellyfish Are Not Real en fait partie. On pourrait le voir comme un texte poétique plutôt qu'un jeu (je ne parle pas ici de game-poem mais bien de poème classique !) et vous êtes en droit de penser cela. Toutefois, le texte se présente comme un jeu de rôle. Et il nous invite à imaginer un personnage (dans une section facultative) et à répondre à des questions. Alors... vous êtes aussi en droit de considérer qu'il s'agit bien d'un jeu ! Lyric est de toute façon un terme associé à la poésie, alors les limites entre texte poétique et jeu sont plus que floues pour ces types de jeux.

Il n'y a aucune mécanique de jeu décrite. On a « simplement » une histoire entrecoupée de questions et d'invitations à l'imagination. Pour ma part, ça me suffit pour affirmer qu'il s'agit bien d'une forme de jeu de rôle, plutôt atypique et poétique. C'est un jeu d'imagination, de création (guidée) d'histoire. Et il prend fin à chaque instant où notre attention n'est plus portée sur le texte.

Au-delà de simplement nous poser des questions, ce court texte questionne ce qu'est la fiction en général : quelque chose que l'on créé, que l'on observe depuis notre réalité, sans que ça ait besoin d'avoir lieu pour de vrai.

Dans le texte, l'auteur répète de nombreuses fois le contexte : un homme qui est une méduse et qui se noie de façon fictive, et non de façon réelle. Il joue avec le mot jellyfish, qui désigne à la fois une méduse et une personne « molle » au sens figuré, sans doute pour qu'on imagine à notre façon le personnage dont il parle.

Mais, si l'on reste jusqu'à la toute fin, l'auteur finit par nous ramener à la réalité.

Spoiler : cliquez pour lire. N'ouvrez pas ce spoiler si vous prévoyez de lire Jellyfish are not real

Après la question finale, liée au jeu/à la fiction, la dernière page s'adresse à la conscience éthique et politique du lecteur-joueur. L'auteur s'y exprime en informant que, au contraire de l'être fictif qui se noit fictivement, il y a des personnes réelles qui se noient pour de vrai et il demande (aux américains) de ne voter ni pour Biden aux primaires ni pour Trump de façon générale, mais d'aller voter quand même.

C'est par cet appel au vote que l'on comprend sa phrase en première page :

Vous avez entre vos mains les outils pour noyer un être humain ou pour le sauver.

Décider d'aller voter permet indirectement cela. Car voter est loin d'êtrre anodin. Décider des personnes qui prendront des décisions nationales n'est jamais anodin, surtout quand on sait que certaines promesses seront vraiment tenues. Car les décisions gouvernementales sont responsables du maintien en vie ou de la mise à mort (directe ou indirecte) de nombreuses personnes. Pour le sujet de personnes noyées, si vous pensez à Joe Biden ou Donald Trump et que vous connaissez leurs discours sur l'immigration et leur politique sécuritaire et nationaliste, vous pouvez facilement imaginer de qui Taylor voulait parler dans Jellyfish are not real.

Les lyric games sont variés. Sont parfois (généralement ?) injouables. Sont vecteurs de messages.

Celui-ci fait 8 pages format téléphone (en comptant la couverture), et, s'il y a besoin de poser des étiquettes je le catégoriserais comme étant un texte-jeu poétique, politique et éthique.

 

Liens

Jellyfish are not Real a été écrit par Taylor de Riverhouse Games, que vous pouvez retrouver sur itch.io, twitter et son site RiverHouseGames.com.


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